Sommes-nous condamnés à vivre dans des « Smart Cities » lisses et désincarnées ? Pour Guillaume Éthier, sociologue et auteur de La ville analogique, il est temps de redécouvrir le plaisir de la matérialité urbaine.
Dans cet essai stimulant, il propose de faire l’éloge de la lenteur, de l’imprévu et des textures qui font l’âme de nos quartiers. Contre l’obsolescence programmée des espaces et la surveillance algorithmique, la « ville analogique » revendique le droit à l’erreur, au bricolage et à la rencontre physique.
Le Pavillon accueil Territoires pionniers pour un échange privilégié avec cette voix forte de l’urbanisme contemporain et réfléchir ensemble à une ville qui ne se contente pas d’être efficace, mais qui cherche à être habitée, tout simplement.
Guillaume Éthier : Professeur de sociologie urbaine à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Ses travaux portent sur les formes architecturales contemporaines et l’imaginaire urbain. Son dernier ouvrage, La ville analogique, interroge notre rapport au numérique dans la fabrique de la cité.
La ville Analogique : Repenser l’urbanité à l’ère numérique
Editions Apogée
L’avènement de l’univers numérique a mis à mal notre rapport à la ville tangible, que nous avons désertée au profit d’une hyperconnectivité qui n’est pas sans conséquences sur l’espace public en tant que lieu de sociabilité. Et l’arrivée annoncée d’un soi-disant « métavers » ne fera qu’amplifier ce phénomène. La dépersonnalisation des relations interpersonnelles et le transfert des décisions humaines à des machines menacent, à terme, la part d’humanité qui nous relie les uns aux autres.